Rythmes de l'enfant
Supprimons enfin la semaine de quatre jours
Par François Testu, professeur émérite en psychologie,université François-Rabelais de Tours, ancien président de la Jeunesse au Plein Air (JPA)
(texte paru dans le Monde daté du 12 février 2013)
Le CSE du 8 janvier 2013
Mardi 8 janvier 2013, le Conseil supérieur de l'éducation (CSE), instance consultative, a rejeté le projet de décret sur les rythmes scolaires (5 voix pour, 30 abstentions, 23 votes contre et 14 refus de vote).
La JPA s'est prononcée pour le décret. Pour La JPA, la poursuite de la réforme de l’aménagement des temps scolaires doit être pensée et réalisée avec les enseignants, certes, mais également avec les associations, les collectivités, les ministères concernés… C’est ainsi que le projet éducatif sera plus global.
"Au nom de la confédération de La Jeunesse Au Plein Air, François Testu a fait part de sa satisfaction de constater que le ministre avait fait siennes certaines des mesures préconisées par la « Plateforme des rythmes de vie des jeunes » animée par La JPA, notamment celles ayant trait à :
- La prise en compte prioritaire du premier degré dans l’aménagement du temps scolaire.
- Le respect de la pause méridienne.
- L’allègement de la journée scolaire.
- Et, surtout, la disparition de la semaine de 4 jours. Bon nombre d’entre nous avons combattu cet aménagement injuste et irrespectueux de l’enfant et de ses rythmes. En toute logique, nous ne pouvons que soutenir une semaine scolaire plus étalée.
Aussi est-il indéniable que ce projet de décret constitue une avancée importante et plus juste en matière d’aménagement des temps de vie de l’enfant. Mais comme souvent, dans tout projet et plus particulièrement dans celui qui nous est soumis aujourd’hui, des difficultés d’application transparaissent. En effet, il semble nécessaire d’apporter rapidement des précisions sur :
- Les activités complémentaires, leur nature, leur organisation, leur place.
- Le rôle, la formation, le statut, les obligations de service des différents partenaires concernés.
- Les relations entre les différentes institutions concernées.
Ces précisions, après un dialogue avec l’ensemble des partenaires, devront impérativement figurer dans les circulaires qui suivront la parution du décret. Tous les acteurs de la réforme doivent pouvoir partager les enjeux et l’ambition d’un tel projet. Pour La JPA, la poursuite de la réforme de l’aménagement des temps scolaires doit être pensée et réalisée avec les enseignants, certes, mais également avec les associations, les collectivités, les ministères concernés… C’est ainsi que le projet éducatif sera plus global.
En attendant les précisions demandées précédemment, La JPA a donné un avis favorable à ce projet."
Les membres de la confédération présents au CSE expliquent également leur vote sur leur site Internet :
- La FCPE s’est abstenue : "le maximum de 5h30 par journée de classe, tout comme la limitation à 3h30 de classe le mercredi matin ne sont pas suffisants."
- FO a voté contre : "Il s’agit de la territorialisation de l’école qui s’inscrit dans l’acte III de la décentralisation qui instituerait une «République des territoires» que Force ouvrière refuse."
- La Ligue de l’enseignement a voté pour. Voir le dossier de la Ligue sur les rythmes.
- Le SE-Unsa a refusé de voter :"Faute de visibilité et de perspective sur l’ensemble du dossier, le SE-Unsa a refusé de prendre part au vote du CSE. Il demande au ministre de revoir son projet."
- Le Sgen-CFDT s’est abstenu : "Pour les enseignants, cela représente un effort qui doit être compensé, cela n'apparait pas dans ce décret, c'est l'enjeu de discussions en cours."
- Le SNUipp a voté contre : "À cette heure, le compte n’y est pas, ni pour les élèves, ni pour les enseignants. Ce qui devait être une réforme emblématique de la Refondation se révèle être une grande déception."
Rythmes scolaires : du constat à l’acte

Le Figaro - 22 mai 2012
par François Testu
Professeur émérite des universités en psychologie, université de Tours
Président de la Jeunesse au Plein Air (JPA)
(texte paru dans le Figaro daté du 22 mai 2012)
Des candidats à la présidentielle s’expriment sur les rythmes scolaires
La Plateforme d’échanges et d’étude sur les rythmes scolaires et les rythmes de vie des enfants et des jeunes, initiée en juin 2011 par La JPA, a soumis ses analyses aux candidats à l’élection présidentielle. Quatre candidats y ont répondu.
Pour François Hollande du Parti socialiste, le temps global de l’enfant est morcelé par une succession de temps, de lieux et de personnels qui se juxtaposent au lieu de porter un même projet. Il est indispensable de prendre en compte tous les temps de l’enfant dans la définition d’une nouvelle organisation des rythmes scolaires.
Pour François Bayrou du MoDem, il est indispensable d’alléger la journée de travail scolaire, et cela passe par un réaménagement de l’emploi du temps journalier, hebdomadaire et annuel. Pour cela il faut partir des bonnes pratiques, travailler dans la concertation. L’intérêt des enfants doit primer en toute circonstance, de la maternelle au lycée. Enfin, il faut que les travaux scolaires soient réalisés à l’école et non à la maison.
Pour Éva Joly d’Europe Écologie-Les Verts, l’alternance de 7 semaines de cours/2 semaines complètes de congés doit être appliquée tout de suite. Un débat public doit être organisé sur le zonage des vacances d’été et leur éventuel raccourcissement. Une loi doit fixer une limite horaire journalière incluant le travail personnel à partir de la proposition 5h-6h-7h (primaire-collège-lycée). La pause méridienne de 1h30 doit être appliquée pour tous.
Jean-Luc Mélenchon du Front de gauche souhaite d’urgence revenir à une semaine à neuf demi-journées, avec une préférence pour le samedi matin et il est favorable à un rythme 7/2. Il se dit contre la suppression des cours l’après-midi et la réduction des vacances d’été.
La plateforme d’échanges sur les rythmes de vie des enfants et des jeunes
La réunion de la plateforme le 6 janvier 2011
En juin 2010, La Jeunesse au Plein Air a créé une plateforme de réflexion et d’actions relatives aux rythmes de vie des jeunes.
Après une première phase de discussions et d’échanges, elle s'est réunie le 6 janvier 2011 pour partager une analyse commune sur la question des rythmes des enfants et des jeunes et proposer des premières mesures qui font consensus, mesures qu'elle souhaite faire connaître le plus rapidement possible aux autorités ministérielles concernées.
Télécharger le communiqué du 6 janvier 2011
18 mars 2009
Rythmes de l’enfant
Un autre aménagement est possible
La
F.C.P.E., La JPA et le
Réseau Français des villes éducatrices ont organisé, le 18 mars 2009 à Paris (mairie du 12ème arrondissement), un colloque intitulé "Rythme de l’enfant : un autre aménagement est possible".
La journée a réuni plus de 200 personnes et les débats ont été ponctués par des propos de scientifiques et d’experts, parmi lesquels Claire Leconte, François Testu, Alain Reinberg, Philippe Meirieu, Jean-Jacques Hazan pour la FCPE, de Paul Bron, maire-adjoint de la ville de Grenoble pour le Réseau Français des villes éducatrices et Claudine Paillard présidente de l’Association nationale des directeurs de l’éducation des villes de France (Andev).
Le premier débat réunissait Le SE-Unsa, le Sgen-CFDT, et le SNUipp pour le monde enseignant, la Ligue de l’enseignement pour le monde associatif, la FCPE représentant les parents d’élèves et le Réseau des villes éducatrices et était animé par La JPA. La seconde table ronde, animée par les EEDF, réunissait des acteurs de terrain. Le secteur associatif représenté par la fédération Léo Lagrange de Tournefeuille (Haute-Garonne), un enseignant de Roques-sur-Garonne (Haute-Garonne), un représentant de parents de Limoges (Haute-Vienne), et le maire-adjoint chargé de l’éducation et de la jeunesse de la Ville d’Angers (Maine-et-Loire) ont pu confronter leurs expériences d’aménagement du temps de l’enfant.
Les nombreux échanges avec la salle lors des deux tables rondes ont permis des débats riches qui se sont cristallisés sur la semaine de 4 jours « secs », largement critiquée face à d’autres aménagements possibles et souhaitables, notamment la semaine de 4 jours et demi qui prend en compte l’intérêt exclusif de l’enfant et de ses rythmes. On a également évoqué les différentes façons d’aménager ce temps afin de dépasser les intérêts individuels pour prendre en compte l’intérêt collectif, autour de l’enfant et de sa réussite éducative.
François Testu, président de La JPA, a conclu la journée.
L’ensemble des participants a convenu qu’il était nécessaire que la communauté éducative s’empare de ce débat afin de le poursuivre sur l’ensemble du territoire, pour que le temps de l’enfant soit pris en compte dans les conseils d’école et d’établissement qui auront lieu au troisième trimestre de l’année scolaire 2008/2009 et pour agir dès la rentrée scolaire prochaine.
Plusieurs
interviews de personnalités ont été réalisées pendant le colloque :
| Pour aller plus loin... |
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Respecter les rythmes de l'enfant pour l'aider à grandir
par Philippe Meirieu